lundi 27 juillet 2009

LA COULEUR DES YEUX NE FAIT PAS LE REGARD

Eté 2009. L'année dernière clouée à la maison par ma chère petite maladie et ses traitements, je n'avais pu assister à aucun spectacle pendant l'été. Cette année je me rattrape avec un certain bonheur. Huit spectacles en dix jours et presque tous de qualité.
Le tout premier musical où j'ai découvert dans le théâtre antique d'Arles un chanteur de tango argentin Melingo. Pour tout dire, j'étais venue voir Juliette qui était invité en "Guess" star et j'ai découvert un fameux chanteur qui m'a donné envie de me mettre à l'espagnol !! le lieu était magique ; seul bémol : le public qui sous prétexte que le concert est en plain air, se permet tout ou presque sans aucun respect pour l'artiste...C'est mon côté bougon qui ressort.
En Avignon, le mois de juillet est très particulier. Dédié depuis des années au Dieu Théatre, on y trouve plus de 1000 spectacles, du meilleur au pire. Le plus difficile étant de swingger avec les horaires, les moyens financiers et la qualité des spectacles.
Mon bilan est très positif, beaucoup de chanson française avec 4 baleines au moins au spectacle de Michèle Bernard et l'ensemble vocal "Evasion" qui chante à capella un univers bariolé, intelligent, critique et attendrissant.
Jean Guidoni aussi qui chante Prévert et nous fait redécouvrir la verve de l'écrivain et son acidité ou son surréalisme avec une fougue jamais perdue et une voix inimitable.
Du théâtre aussi, des textes plus beaux les uns que les autres et des actrices qui donnent le meilleur d'elles-même pour nous offrir des moments rares où culture et bonheur se mêlent enfin.
Voilà une petite chronique estivale, à l'heure où les esprits s'échappent vers des vacances bien méritées. Attention, Mesdames, Messieurs, on nous endort ; on berce nos neurones , on les enrobe de sucre et on les ramollit ! Allez voir les spectacles d'été, ils vous recoueront bien mieux et plus vite que tout autre moyen de résistance !!!!

PS : la baleine équivaut sur ce site au FFFF de Télérama ... !!!!

jeudi 16 juillet 2009

LE SOLEIL NOIR

Je pensais que "le soleil noir" n'était qu'un titre de chanson de Barbara. Je me trompais, j'ai découvert le soleil noir en Haute Marne, au fin fond de cette campagne française si verdoyante dès que l'on dépasse Lyon ! Passé le choc thermique '35° au départ 22° à l'arrivée' nous avons pris goût à cette fraicheur. Direction les lieux de culture et de promenade multiples qui jalonnent ce département terriblement oublié. Et là j'ai découvert dans la salle d'exposition du chateau de Joinville le Soleil Noir. Une exposition d'un artiste contemporain qui m'a chavirée ! J'adore l'eau, c'est mon élément premier mais je déteste y pénétrer violemment. Et là chavirage assuré ! De drôles de feuilles plus ou moins noircies, trouées, brulées qui forment un immense tableau de plusieurs mètres de long et de haut, une sensation de mouvement, de tumulte incontrolé et des émotions qui dégringolent dans une joyeuse insouciance !!! Je hais l'art contemporain !!!! Il m'attrape quand je m'y attends le moins et provoque des millions de questions plus troublantes les unes que les autres. Dans la deuxième salle, une oeuvre toute noire à l'exeption de deux personnages clairs qui se reflètent dans un plancher noyé d'eau. Je suis restée un moment assise face à cette oeuvre avec moins d'angoisse que pour la première. Je n'ai pas peur du noir et des ténèbres mais le tumulte de la vie m'effraie et il me faut rentrer dans ma coquille pour éviter le débordement de mes sentiments. Tout n'est pas bon à dire. Parfois le silence est ...un soleil noir...

jeudi 2 juillet 2009

L' EPOPEE DU BUVEUR D'EAU

Le mois de juin (déjà fini !) est sous le signe de l'eau. Le buveur d'eau, c'est moi... Je cherche en vain le moyen de me rafraîchir aussi bien physiquement que moralement. L'été est arrivé bien trop tôt ici et je me cantonne dans mon mas provençal, bien à l'abri de notre platane pour tenter de trouver un peu de fraîcheur. Je me traîne, tel un glaçon, ou plutot un iceberg, dégoulinant , fondant lentement mais sûrement. Le soir n'amène aucun bien être et je recommence à mal dormir. Je traine de multiples douleurs plus ou moins prenantes mais il me semble n'avoir presque jamais de repos. C'est la tête, docteur !!!
Je devrais pourtant trouver de l'énergie auprès de mes hommes mais je crois qu'eux aussi sont fatigués, lassés du cours qu'a pris notre vie depuis presque deux ans. Ils sont là, droits dans leurs chaussures, regards fiers et verbe haut mais cela ne cache pas leur lassitude.
Mon homme ne supporte plus son boulot et surtout ses collègues mais il a du mal à lacher les mots pour relacher un peu la pression.
Mon ainé, enfin revenu de l'autre bout de la France où il fait ses études, s'est lancé à corps perdu dans son job d'été. Il a encore tellement changé cette année que je peine parfois à suivre ... Il joue l'ours mal léché pour mieux cacher ses angoisses. Je n'ose presque plus le prendre dans mes bras pour un petit calin même quand j'en meurs d'envie.
Quant à mon petiot qui fêtera ses 17 ans cette année, je ne sais comment faire pour le soutenir. Il est en grande forme apparente, vient d'avoir son code et finit de passer l'oral du bac de français demain mais déclare à qui veut l'entendre : "on a qu'une jeunesse, alors laissez moi en profiter !!" (avant qu'il ne soit trop tard...).
Mais il est un peu tard, je crois, je lui ai un peu cassé son insouciance et je m'en veux (oui, je sais, je n'y suis pour rien !!!). Comment faire pour les protéger, leur faire croire que tout ira bien alors qu'au fond de moi, je suis certaine du contraire. Comment ?
Poët, Poët !!! J'arrête et file à la piscine. Là, je m'immerge et m'imagine Orque Végétarienne.
Que la vie est belle au fond de l'eau !

mercredi 10 juin 2009

MON CORPS

Parler de son corps, je ne l'ai jamais fait. J'ai toujours été d'une pudeur intense. Mon corps n'appartenait qu'à moi et personne ne devait le voir, le juger, le commenter. Alors ce corps, je l'ai regardé grandir, s'arrondir, se former puis se déformer.
Enfant, j'étais fluette, deux jambes ficelle et un petit corps tout en côtes ; puis lentement mais sûrement et sans vraiment savoir pourquoi ma carcasse s'est arrondie tout en grandissant. Puis d'arrondie, je suis devenue obèse puis à l'age adulte obèse morbide. J'adore cette appellation médicale "obèse morbide" qui signifie que mon excédent de poids me met en danger...
Bref cette carcasse, que j'avais apprivoisée, avec laquelle je poursuivais mon chemin et que j'avais appris à aimer, m'a trahie. Trahie, c'est ce sentiment là que j'ai ressenti au plus profond de moi lorsque j'ai su que j'étais cancéreuse...Alors quoi ! toutes ses années d'adaptation, tous ces kilos trimbalés, assumés, acceptés, n'ont servi à rien !!! Parce que quoi ! Il faut bien l'admettre, toute cette graisse accumulée et entretenue devait servir à me protéger ! Et puis rien. Le vide.
Ensuite il a fallu accepter la mutilation, enlever mes deux seins pour les remplacer par deux bouts de silicone vaguement flottants ! On dit adieu à cette partie de son corps en prenant la dernière douche à la bétadine, on les caresse, on les colore de cette couleur orangée qui empeste et l'on sait qu'au réveil , ils ne seront plus là. Etrange sentiment d'abandon...Bien sûr, il y va de ma vie alors on accepte une fois de plus et on apprend à regarder ces deux nouvelles "masses" insensibles ou presque, puis on les touche et enfin on les masse (puisque c'est essentiel pour éviter les complications!!). C'est un autre parcours que l'on ne réalise pas seule mais presque ; des décisions que l'on assume toute seule et un autre départ avec un autre corps, une autre carcasse. Presque une renaissance ?

jeudi 28 mai 2009

VIVE LA NATURE !

Je suis du genre à apprécier la nature. Citadine de naissance, j'ai appris à vivre à la campagne avec tous les avantages et les quelques inconvénients que cela comporte. Mais là trop c'est trop ! Depuis deux nuits j'ai retrouvé mes nuits agitées , réveil vingt fois dans la nuit, impossibilité de me rendormir, neurones qui s'agitent dans tous les sens, angoisses répétées et tout cela à cause de quoi ? Je vous le demande ? A cause du mistral hyper violent et d'une chouette dépressive qui "pleure" toute la nuit !
Je vous explique (pour ceux et celles qui ne vivent pas dans le sud) : le mistral est un vent souvent violent qui vient du nord et balaye allègrement toute la vallée du rhône et les Bouches du Rhône en particulier. L'hiver c'est l'enfer ! L'été, cela soulage un peu. Mais souvent pour les "implantés" comme moi, il est insupportable ! D'ailleurs on dit ici que le mistral rend fou les "étrangers" !! Jusqu'à présent, je ne disais trop rien mais les rafales de vent dans les peupliers et les cyprès m'empêchent de dormir et quand on touche à mon sommeil, je deviens féroce !!
Si vous ajoutez à cela une chouette (sûrement magnifique avec ses petits yeux jaunes qui roulent dans tous les sens) qui "houhoutte" toute la nuit, c'est simple je dijoncte !!Je m'imagine en chasseuse vengeresse prête à abattre tous les oiseaux qui se présentent. Je perds tout mon humour! Je ne vais quand même pas mettre des boules quies pour dormir ! J'habite à la campagne moi !!!!
Allez, je me calme. N'ayez crainte ! ma colère se dissipera toute seule dès que j'aurai aperçu le petit écureuil qui vient parfois dans mon platane...
Denticètement votre.

lundi 25 mai 2009

MA MALADIE 2

Il me faut du temps pour en parler ; les choses ne sont pas simples. Après la confirmation de mon médecin-ami ; rdv chez la gynéco le samedi matin. Mon homme est avec moi. Nous attendons dix minutes devant la porte du cabinet (fermé le samedi matin sauf pour les "urgences" ; donc je suis une urgence) avec un mince espoir au fond du coeur. Regards échangés chargés d'angoisse. Pas un mot. C'est trop dur et pour lui et pour moi. La gynéco arrive, nous installe, regarde la mammo puis nous lance : "vous choisissez la double mastectomie ? "
Mon homme s'affaisse de dix centimètres sur son fauteuil et moi je sussure : "double ? pourquoi ? " Et nous voilà partis dans les statistiques et les pourcentages de récidive dans une famille comme la mienne and so on... Petite palpation pour vérifier, rdv pris pour la ponction puis l'opération, puis l'oncogénéticienne, puis le chirurgien esthétique puis le labo puis.....
Nous sommes sortis, muets, perdus, face à nous même. Dans la voiture j'appelle ma chef pour lui dire qu'elle ne me reverra pas avant un an. Et là mon homme se met à pleurer. Pleurer. Vingt ans de mariage et c'est à cause de moi qu'il se met à pleurer...il sanglote et je m'en veux à mort de lui imposer cela. Merde ! merde !! Je hais ma famille maudite, cette vie injuste, ces toubibs qui vont me "prendre" ma liberté. Je hais le monde entier. Je sais que nous sommes partis pour un parcours du combattant qui mettra fin à notre union ou qui au contraire nous rapprochera comme jamais. C'est quitte ou double ! Pile ou face ! Pour moi ce sera double et face puisqu'à aucun moment mon homme n'a flanché ; chaque rdv pris le fut à deux ; chaque décision longuement réfléchie le sera à deux (même si c'est moi qui ai le dernier mot ! c'est mon corps après tout!). Le rdv chez l'oncogénéticienne sera décisif ; une femme HUMAINE, il en existe dans le milieu médical (contrairement à ce que je croyais) ! beaucoup d'explications, de réponses à mes questions, d'écoute et de liberté. Test génétique demandé en urgence à Marseille et trois semaines plus tard, juste avant les vacances de Noël, le verdict est tombé. Pas de surprise bien entendu ; je suis porteuse de cette mutation génétique qui fait de moi un choix privilégié pour développer un cancer du sein précoce. Beau cadeau de noël, je pars chez Isabeau pour les fêtes et je sais au moins à quelle sauce je serai mangée le 2 janvier : double mastectomie avec reconstitution immédiate. Cela parait dur à avaler mais j'ai passé un Noël merveilleux avec ceux de ma famille qui comptent le plus ! soulagée ...et morte de trouille !
Pour la suite, il faudra encore attendre un peu...

mardi 19 mai 2009

LES BALEINES


Ma mascotte, c'est la baleine. C'est aussi mon petit surnom entre ma très douce soeur et moi -même lorsque en plein été il nous arrive de prendre des couleurs rosé voir rouge à cause du soleil. Nous nous traitons alors aimablement de baleines roses...


Plus petite, elle me traitait de baleine tout court et cela avait le don de provoquer chez moi des colères noires (ou rouges, je ne sais plus) ! A cet époque là nous n'étions pas très amies. Je sais, tout cela peut paraître bancal mais notre enfance fut plutôt dans l'affrontement. Elle était Tout et j'étais son contraire. Point à la ligne.


Il n'y avait que l'EAU qui nous rapprochait. De l'eau aux baleines, il n'y a qu'un pas !


J'aime ces énormes mammifères sans aucune agressivité et qui se nourissent de microscopiques bestioles marines. Il a du bien se marrer le Bon Dieu quand il les a créées !! Une grande leçon d'humilité : je vous donne la force mais un caractère placide, une grande gueule mais un chant d'une douceur improbable, un estomac phénoménal mais un appétit de crevette !!!


Bref, tout moi ou presque...

L'orque, c'est pour la couleur : un panda déguisé en mammifère marin !