Elle : je voulais te demander...mais je ne sais pas...
Lui : oui ?
Elle : est-ce parce que je suis malade que...
Lui : j'y ai pensé mais je n'ai pas de réponse....
Dans une voiture, un jour férié, quatre heures de route, quinze minutes de conversation véritable. Pourquoi donc est-ce si dur, si douloureux de dire des choses intimes, sincères et réelles. Il a fallu deux heures de route avant que je lui parle, que je lui fasse ma déclaration d'amour. Vingt deux années de mariage et je n'avais jamais fait ma déclaration...La peur des mots sans doute mais là, une évidence, une obligation presque, une urgence sans doute. Que les mots soient dits, enregistrés dans une mémoire, la mienne ou la sienne.
Les mots, on passe sa vie à les apprendre mais surtout pas à les utiliser à bon escient. Tout petit, nos parents nous ont appris à ne pas parler "à tort et à travers", respecter les gens, taire ses colères et du même coup on a appris à taire l'essentiel. Et je l'ai bien transmis cette chose-là. Et j'ai tous les regrets du monde !!! Pourquoi leur avoir transmis ce mutisme, cette incapacité à dire, exprimer l'essentiel. De quoi a-t-on peur ? Le ridicule ? Il y a belle lurette qu'il n'a plus rien tué celui-là !!! Même ma psy à l'époque où je la voyais, me déconseillait de dire les choses à mes grands enfants. NON , on ne peut pas tout dire. Non ! Aujourd'hui j'étouffe et ma charmante sorcière m'aide chaque jour un peu plus à ouvrir, entrouvrir mes lèvres pour laisser passer quelques mots.
Du bien, rien que du bien.
Alors je lui ai dit....
jeudi 12 novembre 2009
vendredi 9 octobre 2009
LA SORCIERE BIS
Je suis allée hier voir ma "sorcière", kinésiologue de son état, petite dame qui dégage une énergie fabuleuse. La voir, seulement la voir redonne courage. C'est étrange, moi qui vivais dans le doute vis à vis de ce genre de "pratique", je me retrouve conquise!!! D'abord elle me salue, poignée de main ferme et chaude accompagnée d'un regard "qui regarde", qui transperce presque. Elle ne demande pas "comment allez-vous?", non c'est plutôt : "vous êtes en grande forme aujourd'hui" ou "vous avez le teint terne" ou encore "venez, on va arranger ça". Bref l'accueil est en lien direct avec mon état d'esprit grâce à ce simple regard. De sceptique je suis passée à "en confiance". Nous échangeons quelques nouvelles, je lui explique mon mal être physique ou moral suivant les jours puis je m'allonge sur sa table de travail. On cale bien les jambes et la tête pour un confort obligatoire puis ses mains entrent en action. Elles les posent tour à tour sur ma tête, les épaules, mes hanches, mon ventre (aïe, le ventre!), mes cuisses, mes jambes et mes pieds. Plusieurs fois d'affilée et moi, je suis ses mains et prends doucement conscience de mon corps. Ecoutez-vous votre corps souvent ? Parce qu'il nous parle et pas seulement pour dire qu'il a mal ici ou là. Il communique souvent mais parle dans le vide. Personnellement, j'étais sourde à ses propos ; j'ai fait des progrès mais il faut en faire encore... La scéance continue et j'évacue les stress différents (boulot, famille, maladie ....) et refais le plein de choses positives. Je parle de mon coccyx qui me fait souffrir depuis des mois, sa main se glisse sous mes fesses et une chaleur se dégage aussitôt et soulage l'endroit. Bref je me relève sans aucun mal (au début je mettais 10 minutes à retrouver une position debout !) et allégée dans mon corps et dans ma tête. Retour à la maison, longue douche chaude et repos obligatoire dans mon fauteuil avec un thé servi par mon "petiot" d'1m85 qui respecte religieusement les consignes de ma "sorcière"! Pourquoi donc ? Certainement parce qu'il sent, lui aussi, les bienfaits de ces séances. Ce matin, je suis mieux et envisage plus sereinement les jours à venir.
C'est une sorcière PAS comme les autres...
C'est une sorcière PAS comme les autres...
mardi 6 octobre 2009
LES FAILLES
J'ai mis des sons, des chants d'eau et de baleines sur mon ordi, dans mes oreilles pour me couper du monde l'espace de quelques minutes. J'ai besoin d'air, d'oxygène. J'ai fait un constat : je ne veux plus vivre comme je vis. Je veux changer les choses, quitter le quotidien que l'on m'impose pour partir vers un autre style de vie. Ne plus cotoyer chaque jour des choses négatives qui m'agressent et me blessent. Ou alors il faut que j'investisse dans une carapace plombée et blindée qui me protègera du monde extérieur. Ou bien trouver des failles obscures mais tendres, s'y blottir, s'y réfugier et n'en sortir qu'en de très rares occasions pour profiter des bons moments que nous offre notre vie... Est-ce possible ? Carapace ou faille ? Les deux peut-être ; une belle carapace au fin fond d'une crevasse pleine de douceur et n'émmerger que lorsque celui ou celle qui pointe son nez montre patte blanche...Quand donc cesserai-je d'avoir peur du loup ?
mercredi 23 septembre 2009
CHRONIQUE
J'ai lu hier sur je ne sais plus quel blog ( j'en suis tellement que ça tourne à l'addiction...) que le cancer devenait une maladie chronique que l'on pouvait soigner pendant des années !!!!.... J'en suis restée muette sur le coup ! Chronique ? Comme l'asthme, la polyartrite ou je ne sais quoi d'autre ??? Et bien non, je ne veux pas le croire ! Que l'on ne me parle pas de traitements à rallonge, d'espoirs minimes, de possibilités infinis de la recherche, des progrès incontestables pour limiter les dégats. Je ne veux pas en entendre parler, on en parlait déjà il y a 25 ans avec l'interféron ou autres. Et ma soeur ainée en est morte, et ma mère en est morte !!! alors Basta ! Arrêtez de nous raconter des salades. Dites nous simplement : nous ne savons pas. Point barre ! Et laissez-nous faire nos choix ! Seule ! comme toujours !!
Je sais, vous penserez que c'est facile dans mon état actuel de "criser". Alors excusez-moi, celles qui n'ont pas d'alternative en ce moment.
Je sais, vous penserez que c'est facile dans mon état actuel de "criser". Alors excusez-moi, celles qui n'ont pas d'alternative en ce moment.
jeudi 17 septembre 2009
MADAME REVE
Voilà, j'ai posé ma première petite pierre (juste un petit caillou un peu aplati pour faire une base) dans mon jardin. Il symbolise le début de cette aventure, cet Après que l'on imagine lorsque l'on est malade. Ne pensez-pas un instant que je suis guérie de mon cancer. Le cancer, on n'en guérit pas. Outre le fait que pas un médecin n'ose prononcer ce mot-là, on ne guérit jamais de cet ouragan qui secoue notre corps et notre esprit. Non, je ne suis pas guérie, juste un peu en repos et mon corps AVEC MOI. Cela faisait presque deux ans que je ne m'étais pas sentie aussi bien dans mon corps. Je crois que je lui en voulais trop à ma carcasse, j'étais trop en colère après elle. Cette colère-là a disparu et en même temps je crois que j'ai enfin pardonné à ma mère de m'avoir refiler cette mutation génétique qui fait de moi une proie de choix.
Je n'avais même pas réalisé que je lui en voulais à Maman. C'est un peu bête d'en vouloir à quelqu'un qui me manque depuis plus de 20 ans. Mais c'est ainsi, je m'en suis rendue compte aujourd'hui en allant chez ma "sorcière". Les choses sortent, le corps parle et aujourd'hui il était plein de pardon alors je pardonne et je me sens mieux. Enfin...
Je n'avais même pas réalisé que je lui en voulais à Maman. C'est un peu bête d'en vouloir à quelqu'un qui me manque depuis plus de 20 ans. Mais c'est ainsi, je m'en suis rendue compte aujourd'hui en allant chez ma "sorcière". Les choses sortent, le corps parle et aujourd'hui il était plein de pardon alors je pardonne et je me sens mieux. Enfin...
LES PIERRES DANS MON JARDIN
Et voilà, le 15 septembre, je suis allée dans mon centre médical "préféré" pour passer des examens de controles. Les nouvelles sont bonnes. D'ailleurs si ce n'avait pas été le cas, je pense que tous mes mots auraient été engloutis dans un flot de larmes et de rage. Je n'avais plus mis les pieds là-bas depuis plusieurs mois et savais pertinemment que les choses ne seraient pas simples. J'avais donc pris mes gouttes miracles anti-stress à base de plantes ainsi que mes petites pastilles sencées me calmer et me préparer au choc ! Tu parles d'un choc !!! j'ai tenu pendant les examens (merci au monsieur du scanner absolument, superbement gentil et attentionné!) mais arrivée dans la salle d'attente de l'oncologue (j'allais écrire MON oncologue mais elle ne sera jamais Mon oncologue...) j'ai cru que ma patience allait se transformer en une éruption volcanique totalement incontrolée !!! Je suis là avec mon petit livre et mes lunettes(je n'y vois plus rien ou presque si je les oublies...la rage!) et j'attends, je relis trois fois chaque phrase, je soupire, risque un regard vers les autres malades qui sont là. Et la colère, la rage montent irrésistiblement. Je me suis même dit au bout d'une heure d'attente que je serai prête à tuer quelqu'un !!! je sais c'est grave docteur ! je ne maitrisais plus rien. Trop d'angoisse ! va-t-elle me manger à la sauce métastases où pas ? Va-t-elle m'imposer de nouveaux traitements que je refuserai de toutes façons ? Le ciel va-t-il s'effondrer maintenant, ici, tout de suite ou pas ?
Bref mon cerveau en ébullition totale semblait sur le point d'exploser !!!
et puis, c'est mon tour, je lis l'envie dans les yeux des autres patients qui eux attendront encore un peu...
"Comment allez-vous ?" me dit-elle.
"C'est vous qui allez me le dire." Ton sec et qui ne laisse pas de place au doute.
"Tout est parfait" lache-t-elle dans un mini sourire. Tout va bien.
Alors je n'ai pas pu m'empêcher de sourire aussi ... c'est contagieux !
Ma rage a disparu dans l'instant et je me suis dit que j'allais faire une petite pyramide dans mon jardin. Une pierre par jour pour ne pas oublier les instants de bonheur où j'enterre mon statut de malade.
Bref mon cerveau en ébullition totale semblait sur le point d'exploser !!!
et puis, c'est mon tour, je lis l'envie dans les yeux des autres patients qui eux attendront encore un peu...
"Comment allez-vous ?" me dit-elle.
"C'est vous qui allez me le dire." Ton sec et qui ne laisse pas de place au doute.
"Tout est parfait" lache-t-elle dans un mini sourire. Tout va bien.
Alors je n'ai pas pu m'empêcher de sourire aussi ... c'est contagieux !
Ma rage a disparu dans l'instant et je me suis dit que j'allais faire une petite pyramide dans mon jardin. Une pierre par jour pour ne pas oublier les instants de bonheur où j'enterre mon statut de malade.
mardi 8 septembre 2009
COMME UN LEGO
Comme un légo je me sens. Et ça sent quoi un légo ? Je ne sais pas trop. Un peu vide peut être avec un léger doute sur les jours à venir sans doute. Un poids au niveau de la poitrine et un grand trou dans l'estomac. Je compte les jours avant mes prochains controles et j'oscille entre la peur de mauvaises nouvelles et la trouille de bonnes nouvelles. J'oscille sur mon fil et ne peux me résoudre à retrouver mon équilibre. Perdue, je suis perdue et mon fil est de plus en plus glissant et balançant... Depuis ma chute , je n'arrive plus à équilibrer mon fil de funanbule. J'ai beau m'accrocher à mes stabilisateurs, je vacille de plus en plus à chaque pas. Retrouverai-je un jour ce bel équilibre qui fut le mien ???? Quelque chose est cassé, fissuré à jamais....
"J'appelle ça des failles parce que c'était ça. Pas des ouvertures ni des des cassures. Mais des fissures obscures dans le globe lumineux du jour" Tony Morrison
"J'appelle ça des failles parce que c'était ça. Pas des ouvertures ni des des cassures. Mais des fissures obscures dans le globe lumineux du jour" Tony Morrison
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